2- Surveillance immunologique


Les cellules possèdent un système de détection des lésions de l’ADN.
Les lésions de l’ADN sur une cellule activent des protéines marqueurs situées aux alentours de celui-ci. Ces protéines ont un rôle important dans la surveillance immunologique car ce sont celles-ci qui informent la cellule elle-même ainsi que les cellules voisines de sa potentielle dangerosité en activant des transmetteurs qui envoient un message aux cellules avoisinantes et qui agissent sur le fonctionnement cellulaire.
En effet ces transmetteurs ont la capacité d’activer d’autres protéines, qui ont, cette fois-ci trois capacités différentes :

Ce système permet de réduire grandement les dégâts causés aux cellules par les rayonnements, en limitant la propagation des dégâts aux cellules voisines grâce aux transmetteurs et en réparant les lésions infimes, allant même jusqu’à déclencher le suicide cellulaire pour éviter de potentielles nuisances à l’organisme.

Malheureusement ce système n’est pas infaillible, il peut y avoir plusieurs fautes, à plusieurs moments :

  1. Les protéines peuvent ne pas détecter les lésions de l’ADN donc la cellule mutée reste telle quelle puis peut subir d’autres mutations jusqu’à évoluer vers un cancer
  2. Les cellules peuvent commettre des erreurs dans la réparation de L’ADN, (souvent plus graves que celle d’origine) qui elles aussi vont muter jusqu’à un probable cancer.

Les disfonctionnements du système immunologique ne sont pourtant pas les seuls facteurs entrant en compte dans la survie cellulaire, en effet, notre organisme grâce à ce système de défense peut réparer certaines lésions, mais au-delà d’une certaine dose ce système devient quasiment inefficace.

La dose-seuil franchie, le nombre de protéines réparatrices, transmetteurs etc.... va être très vite dépassé par le nombre de lésions dans la molécule d’ADN, ce qui va entraîner une mauvaise réparation plus fréquente des brins d’ADN ainsi que des dégâts beaucoup plus importants sur cette molécule, ce qui va par la suite entraîner un disfonctionnement plus généralisé de la cellule et favoriser l’apparition de cancers.

Il y a encore un autre niveau, qui se situe pendant une exposition prolongée à de forte doses de rayonnements ionisants ; les cellules subissant les effets déterministes cessent de fonctionner très rapidement, ce qui va entraîner une chute de la population cellulaire dans l’organe touché, a un tel point que les cellules restantes, qui se divisent ne peuvent plus pallier au manque causé par la destruction du tissu. A ce stade-ci les cellules qui vont être touchées par les rayonnements ne vont plus se suicider mais vont à tout pris se réparer au risque de commettre des erreurs et entrer en mitose (division cellulaire pendant laquelle les cellules sont plus sensibles au rayonnement) pour pouvoir freiner la diminution de volume de l’organe qu’elles constituent. Quand les cellules font cela la probabilité d’avoir un cancer ensuite est très élevée, mais cela n’arrive que dans des cas extrêmes, ou la survie de l’organisme est quasiment impossible.

Les cancers radio-induits sont donc causés par une ou plusieurs défaillances du système immunologique, mais la dose reçue par l’organe n’est pas étrangère à ces effets.

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